Mardi 30 décembre 2003

Comme on aurait pu l'imaginer, nous nous réveillons tôt, très tôt: vers 5h30, mais impossible de se rendormir alors nous petit déjeunons de café Meiji, toujours aussi bon et de brioches énormes et sans beaucoup de goût.

Je fais aussi du café chaud et comme je ne suis pas bien réveillée, je renverse tout sur le zabuton, mais ouf pas sur le tatami... Demain je serais plus attentive, ou moins fatiguée, du moins je l'espère.
Avec ce réveil si matinal, nous décidons d'aller à Tsukiji, car la dernière fois c'était il y a au moins 7 ou 8 ans. A nous donc le poisson frais! Nous faisons d'abord un détour pour visiter l'affreuse, boueuse et pâteuse Soumida voisine et nous rendons compte qu'entre 7h et 8h, ce doit être l'heure des chiens car nous en croisons 5 ou 6 alors qu'habituellement, il est si rare d'en voir ne serait-ce qu'un seul pendant des semaines.

Puis métro direction Tsukiji. En sortant de la station, nous faisons une halte au Tsukiji Monghomaje Bouddhist Temple, qui propose une salle dont les murs sont recouverts d'or et c'est assez magique... Ressortons de cette paisible ambiance pour affronter la fourmilière en folie qu'est Tsukiji market et ses alentours remplis de micro-boutiques qui attirent le chalant en lui faisant goûter toute sorte de mets et en criant tous plus plus forts les uns que les autres. Mais cette ambiance est unique! Le marché aux poissons n'a pas changé en lui même depuis la première visite que nous lui avions faite il y a de cela presque 10 ans: une immense halle sombre et rouillée, éclairée par des dizaines de petites lampes et dessous des poissons vivants ou morts qui se font découper en sushi (ou presque).

Quittons le marché en allant voir un immeuble tout récent qui nous attirait au loin, et de plus près c'est encore plus beau: blanc, poudré, brillant dans le soleil et le ciel bleu tokyoïte.

Nous nous apercevons que juste en face de celui-ci se trouve l'immeuble non moins connu de Kurosawa: immeuble capsule. Nous essayons de le visiter mais le gardien nous fait bien comprendre que ça n'est pas possible. Heureusement qu'à l'extérieur il y a une cellule type et l'on peut se rendre compte de la petitesse du volume mais de son organisation si rationnelle... à méditer.

Il est enfin temps pour nous de retourner vers Ginza. Nous tombons assez rapidement sans le vouloir sur l'Apple Store, et ô quelle joie! Tout d'abord le bâtiment est superbe et fait face à un bâtiment tout aussi beau et nouveau abritant un grand magasin, mais en plus la boutique se développe sur 5 étages de bonheur pour les amateurs de Mac comme nous. Nous y pénétrons comme dans un sanctuaire et nous y passons une bonne heure à tout regarder, essayer et acheter!

C'est la faim qui nous pousse dehors et cherchons le grand Muji de Yurakusho. Nous le trouvons sans problème et mangeons une assiette remplie de croquettes (coloké), purée de potiron (kabocha) et de salade bien revigorante pour nos petits corps affaiblis.

Et une fois remis sur pied, nous pouvons regarder et acheter chez Muji, tout ce que l'on ne trouve pas dans les Muji parisiens. Une fois Muji dévalisé, c'est au tour de Sofmap, qui est juste en dessous de Muji. Et comme nous sommes très chargés, nous décidons, d'un coup de métro de tout poser à Asakusa avant de revenir à Ginza pour le RDV avec Shotaro.

Bien sur il nous faut un peu plus de temps que prévu et nous arrivons avec un peu de retard à notre RDV, mais Shotaro, fidèle et ponctuel,nous excuse. Comme nous avons déjà visiter l'Apple Store un peu plus tôt, nous partons à la recherche d'une boutique pas très loin que Shotaro veut aller voir.
Lorsque nous arrivons à Marunouchi, les rues sont bloquées, des dizaines de policiers font la circulation avec leur matraque luminescente et on se demande se qui peut bien se passer... Quelques minutes plus tard nous avons la réponse à notre question: c'est en fait l'heure (17h) à laquelle les illuminations (peu joyeuses) sont allumées: Tokyo Milenario, et dès qu'elles le sont, les piétons peuvent descendre la rue, dans un seul sens, toujours sous la bienveillance de la police.

Le spectacle est surprenant, tous ces badeaux ont les yeux rivés sur leurs téléphones portables, eux-même braqués vers les arcs illuminés dans les hauteurs de la rue. La foule est nombreuse mais comme à chaque fois au Japon, aucun problème.

Comme Shotaro ne trouve toujours pas sa boutique, nous avons pourtant cherché partout, nous décidons tous d'abandonner les recherches et de se réfugier au chaud au Marunouchi building qui abrite entre autres boutiques, cafés et restaurants. Nous buvons enfin un thé au lait dans le café Ease et donnons à Shotaro les cadeaux que nous lui avions amenés de Paris. Après quoi nous nous promenons dans les boutiques et je trouve une valise magnifique, noire à roulette que Riki m'offre. Je pense qu'elle sera utile pour le retour au rythme où vont les achats.

Shotaro fait une dernière tentative pour la boutique de nourriture et abandonne définitivement... Nous décidons alors d'aller manger dans ce même bâtiment car après il sera plus simple pour tout le monde de rentrer.

Après avoir fait le tour de tous les restaurants des 5ème et 6ème étages, nos choix se portent sur 2 et finalement celui pour lequel il y a la queue la plus courte nous semble parfait. Moins de 20 minutes plus tard, nous voila en train de déguster de délicieux plats japonais à base de légumes rarement utilisés chez nous tels que le lotus, le kabocha dont le goût est proche de la châtaigne, une racine qui a le goût d'artichaud et d'autres encore, tous aussi bons les uns que les autres.

Vers 22h nous regagnons la station JR et quittons Shotaro. Nous nous donnons RDV pour le 1er janvier afin d'aller au temple où ce dernier va chaque année et qui est sur une presqu'île près de Kamakura. Nous rentrons regarder et déballer tous les achats de la journée... Je pense maintenant que la valise devient indispensable! Mais comment allons-nous faire pour tout porter? On verra bien en temps utiles.